Agnes Heisler

Les traducteurs et les interprètes pendant la pandémie - Commentaires -

Les traducteurs et les interprètes pendant la pandémie

première partie 


Agnes Heisler, interprète et traductrice français/allemand, experte judiciaire près de la cours d’appel d’Aix-en-Provence, exerce sa profession depuis plus de 25 ans. « Tout a changé bien sûr depuis l’année dernière », affirme Agnes. Pour les traducteurs, le télétravail n’est pas une expérience nouvelle, mais c’est une profession qui dépend forcément d’autres secteurs d’activité. Agnes, spécialiste aussi dans le touristique, déclare ne plus avoir de mandats en traduction dans ce domaine. « Je traduis beaucoup de procurations en ce moment. Les gens se font représenter parce qu’ils ne peuvent pas se déplacer… ».


Avec la réduction des échanges internationaux et l’annulation de tous les événements en présentiel, tels que les conférences internationales, congrès, séminaires et réunions, les interprètes de conférence comme Agnes se sont vus dans l’impossibilité d’exercer leur travail et cela a provoqué une perte importante de leurs revenus. La mise en place de l’interprétariat par téléphone et par visioconférence semble être la solution pour continuer l’activité : « Cela fait quelques années que je propose cette modalité à mes clients, plus en dépannage et pour leur faire plaisir. J’avais une préférence pour le présentiel, aussi parce que la clientèle ne maîtrisait pas vraiment les outils ».


Ainsi, les clients ont dû également s’adapter et prendre le temps d’apprendre à utiliser les plateformes comme Zoom qui permettent de proposer l’interprétation par visioconférence. Kudo est aussi une nouvelle plateforme d’interprétation en cabine pour les conférences et Agnes vient d’obtenir le certificat de « certified Kudo interpréter » pour l'interprétation en ligne.

Un bon équipement est nécessaire pour que cette modalité d’interprétation soit un succès : une bonne connexion internet pour éviter les coupures, un ordinateur assez performant et un casque avec un bon micro. Des problèmes techniques peuvent arriver, mais « finalement, nous sommes assez souples », car il s’agit d’une bonne solution. « C’est pratique car cela évite les déplacements. Une coupure d’internet peut nous faire perdre du temps, mais il est inutile de prendre l’avion pour signer un contrat en France, par exemple ».

Le facteur stress est aussi à prendre en compte, en visioconférence « je trouve ça plus difficile. En interprétation, nous interprétons tout, aussi des énergies parfois. On sent des choses quand on est dans une salle avec des gens en réunion. A l’écran, on a que le visage de la personne, on ne voit pas tout et on ne peut pas regarder les deux personnes en même temps ». Malgré tout, « on reste quand même des humains, on n’est pas en train de faire de l’interprétariat pour un robot ».

Agnes nous a parlé aussi du télétravail et de l’importance d’avoir un espace dans la maison dédié exclusivement à l’activité professionnelle, s’établir des horaires de bureau et sortir dès que l'on peut pour se changer les idées.

Quant aux avantages de l’interprétation par visioconférence, Agnes ajoute que c’est vraiment une bonne option, car « il n’y a aucun problème par rapport aux mesures de distanciation » et le client n’aura « pas besoin de se déplacer non plus, ce qui est compliqué en ce moment, surtout à l’internationale ». Et même s’il dit ne pas maîtriser le matériel ou qu’il n’a pas une bonne connexion internet, « on peut lui dire : ce n’est pas grave, on prendra le temps, au lieu de mettre une heure, on mettra peut-être deux heures. Malgré tout, vous évitez le déplacement » et on aura respecté les mesures de sécurité liées à la pandémie. « Cela permet d’avancer dans un projet, peu importe lequel ». Agnes affirme aussi qu’une interprétation en visioconférence sera moins onéreuse qu’en présentiel car aucun déplacement ne sera facturé. Continuer de se former, connaître le plus d’outils possibles et s'entraîner chez soi, sont les conseils qu’elle donne pour un interprète qui vient de commencer. « Mon métier a tellement évolué, il n’a pas arrêté de changer. S’il y a quelque chose de constant dans ce métier, c’est le changement (…). Je ne m’attendais pas à ce que même l’interprétariat passe en télétravail, il faut s’adapter ». Adaptation et persévérance seront donc les clés pour garder de l’espoir pendant ces temps de crise. 

Réalisation


Interviewée

Agnes Heisler

https://agnesheisler.eu/

info@agnesheisler.eu  

 8 rue des soleils 83260 La Crau (France) 

 Tél : +33 (0)4 94 35 18 08

Portable : +33 (0)6 07 45 90 22

Partager 
Charles
Très intéressant votre article
Amadei Emie
Enchantée Marina, je suis également sur Toulon, plus exactement au Revest-les-Eaux. Votre article est très intéressant, il reflète bien notre profession. Et qui mieux qu'Agnès pour parler de notre profession...
Agnes Heisler
Merci Marina d'avoir pris le temps de m'écouter. J'ai beaucoup aimé répondre à toutes vos questions. Cela m'a permis de me les poser aussi ! Bonne continuation et au plaisir de nous revoir bientôt. Bien à toi. Agnes

Laisser un commentaire
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

8 + 6 =
Les dernières entrées
Catégories
Voir ci-dessous